Il était temps que je m'amuse à écrire quelque chose ici, histoire que ce truc ne dépérisse pas trop vite.
Alors puisque c'est Noël, je vais m'appliquer à restituer ici une partie de la magie de cette fête Coca-colesque en vous racontant de jolies histoires de Noël.
Au tout début Noël n'avait à peu près rien à voir avec le truc capitalo-commercial que c'est devenu maintenant (même si cette joyeuse fête a conservé une partie de sa magie antique, comme par exemple le symbole du père Noël, introduit par une tribu américaine courant XXème siècle, sous forme picturale ; malheureusement au lieu d'écrire Noël il était écrit Coca-cola, etc.)
Sur ce je me rends compte que je n'ai aucune envie d'écrire quoi que ce soit sur cette fête dont la symbolique me laisse à peu près indifférent, en dehors du fait que c'est chouette d'avoir des cadeaux, mais je me pose ici une question : pourquoi des millions de gens, athées ou agnostiques ou juifs ou autres, s'offrent des cadeaux et s'empiffrent de chocolat le 25 décembre, alors que s'ils attendaient une semaine, ils pourraient s'offrir deux fois plus de cadeaux et prendre deux fois plus de poids, puisque tout est en solde après Noël ? C'est vraiment trop con, si j'ai des gamins je leur offrirai des cadeaux le 3 janvier.
C'est un peu comme les gens qui achètent des CD récents à 25¤ alors qu'on peut trouver des trucs géniaux à moins de 10¤ en cherchant un peu (d'autant que 99% de la musique sortie ces 15 dernières années a été écrite et jouée par des manchots paraplégiques -- heureusement que l'industrie de la publicité est là pour vous persuader que si on vous passe une chanson 2365 fois par jour sur toutes les radios et le clip 9854 fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision, c'est que vous AIMEZ cette chanson, et que vous devez donc payer l'équivalent de 45 années de salaire de politiciens pour acheter le Cd 2titres, l'album, le DVD avec 6 heures d'interview exclusive avec l'ordinateur ayant écrit les 2 notes de la chanson -- sous titrée en binaire -- fin de la parenthèse).
Pendant ce temps, je ne suis pas sur qu'un seul d'entre ceux qui liront ce flot d'insanités ait jamais entendu la chanson Carouselambra, je suis à peu près persuadé qu'aucun de vous ne sait qui en est l'auteur ou l'interprète ou n'importe quoi de manière générale. Moi, j'en pense que c'est nettement meilleur que tout ce que j'ai jamais entendu à la radio, mais bon...
Cessons de plaindre la face du monde, c'est un peu facile.
Reprenons donc nos jolies histoires. Il était une fois un petit garçon qui avait la malheur d'avoir l'oreille absolue et un sens de la musique très très développé. Le pauvre petit garçon était très affecté par ce handicap, qui avait des conséquences parfois dramatiques ; ainsi, un jour, ayant entendu une chanson de Sinsemilia à la radio, il dut être hospitalisé pendant plusieurs semaines, ses oreilles ayant lancé le processus d'autodestruction totale dès le premier accord du morceau. Mais le petit garçon était courageux et voulait accomplir de grandes choses.
Il faut ici préciser que lors de la naissance du petit garçon, une fée avec une énorme banane et un costume tout blanc passablement ridicule, s'était penchée sur l'étui à guitare où dormait le nourrisson, et lui avait murmuré, de sa belle voix de chanteur blanc à la voix de noir : "My son, ask for thyself another kingdom, for that which I leave is too small for thee", ce qui signifie en langage des fées : "Tu retrouveras les partitions perdues d'Antonio Vivaldi, même si pour cela tu dois affronter des quêtes qui semblent perdues d'avance, comme apprendre à Matthew Bellamy à chanter juste, ou apprendre à un groupe français à écrire des paroles qui ne soient pas totalement niaises." Ainsi parla Elvis.
Douze ans plus tard, le petit garçon marqué par le destin, armé de talent et de boules Quiès au cas où il croiserait Mika, s'avançait dans les coulisses du studio d'Abbey Road, ré-ouvert pour un enregistrement exceptionnel, celui du plus grand groupe de tous les temps, formé depuis à peine trois ans.
En six mois d'existence médiatique, ce groupe avait révolutionné l'industrie du disque et la culture musicale à travers le monde. Une tournée internationale était prévue pour les quarante prochaines années, et tout était déjà complet.
Une seule chose pouvait expliquer tout cela, et le petit garçon devait en avoir le coeur net ; ce groupe avait en sa possession les partitions perdues d'Antonio Vivaldi. S'apprêtant à entrer dans le studio où enregistraient les musiciens, il remarqua un objet brillant derrière un rideau. S'en saisissant, il fut comme hypnotisé ; il suffisait qu'il touche l'objet pour que dans sa tête, résonne une mélodie qui lui insufflait le pouvoir de l''émotion de Stairway to heaven, le talent d'écrire les quatre saisons de Vivaldi, et la maîtrise de jouer les plus difficiles caprices de Paganini. Regardant le récipient argenté qu'il tenait à la main avec plus d'attention, il découvrit avec stupeur l'inscription qui l'ornait : "Graal version alpha 2.5 / Handle with care / copyright for the end of times, God corporation industries".
Et c'est ainsi que le petit garçon comprit d'où venait le pouvoir divin qui habitait les membres de No Comment.
Il écrivit des chansons pour eux pendant longtemps. Il se maria avec une chanteuse dont il eut beaucoup d'enfants mélomanes -- excepté un, qui naquit avec une malformation, et qui à 5 ans faisait encore des erreurs en jouant le répertoire pourtant limité de Joe Satriani.
Notre héros mourut pourtant à l'âge de quatre-vingt deux ans, tragiquement assassiné par un fan jaloux, qui lui envoya un CD d'Olivia Ruiz déguisé en CD d'inédits de Led Zeppelin. Il était pourtant devenu pratiquement sourd, et n'aurait même plus distingué un standard de Nina Simone de son massacre à la hache éxécuté par Muse, mais dès que la voix de la chanteuse retentit dans son haut-parleur, le coeur du vieil homme lâcha, tué par un son aussi improbable, qu'il n'aurait jamais cru possible.
Le groupe No Comment donna son dernier concert après 70 ans de tournée. Le concert, retransmis à la télévision, fut suivi par six milliards de gens dans la monde. Trois cent millions de personnes étaient présentes dans la salle, qui avait été construite spécialement pour le groupe et faisait la superficie de la Corse.
Après ce dernier concert, des témoins racontent que tous les membres du groupe s'élevèrent vers le ciel dans une grande lumière blanche. Ils retournaient là d'où ils venaient, après leur mission sur Terre.
Bon je vais peut être arrêter ici ce récit où commence à perler l'insanité, et je vous souhaite à tous de ne jamais avoir à écouter la version de Feeling Good commise par Muse.
Alors puisque c'est Noël, je vais m'appliquer à restituer ici une partie de la magie de cette fête Coca-colesque en vous racontant de jolies histoires de Noël.
Au tout début Noël n'avait à peu près rien à voir avec le truc capitalo-commercial que c'est devenu maintenant (même si cette joyeuse fête a conservé une partie de sa magie antique, comme par exemple le symbole du père Noël, introduit par une tribu américaine courant XXème siècle, sous forme picturale ; malheureusement au lieu d'écrire Noël il était écrit Coca-cola, etc.)
Sur ce je me rends compte que je n'ai aucune envie d'écrire quoi que ce soit sur cette fête dont la symbolique me laisse à peu près indifférent, en dehors du fait que c'est chouette d'avoir des cadeaux, mais je me pose ici une question : pourquoi des millions de gens, athées ou agnostiques ou juifs ou autres, s'offrent des cadeaux et s'empiffrent de chocolat le 25 décembre, alors que s'ils attendaient une semaine, ils pourraient s'offrir deux fois plus de cadeaux et prendre deux fois plus de poids, puisque tout est en solde après Noël ? C'est vraiment trop con, si j'ai des gamins je leur offrirai des cadeaux le 3 janvier.
C'est un peu comme les gens qui achètent des CD récents à 25¤ alors qu'on peut trouver des trucs géniaux à moins de 10¤ en cherchant un peu (d'autant que 99% de la musique sortie ces 15 dernières années a été écrite et jouée par des manchots paraplégiques -- heureusement que l'industrie de la publicité est là pour vous persuader que si on vous passe une chanson 2365 fois par jour sur toutes les radios et le clip 9854 fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision, c'est que vous AIMEZ cette chanson, et que vous devez donc payer l'équivalent de 45 années de salaire de politiciens pour acheter le Cd 2titres, l'album, le DVD avec 6 heures d'interview exclusive avec l'ordinateur ayant écrit les 2 notes de la chanson -- sous titrée en binaire -- fin de la parenthèse).
Pendant ce temps, je ne suis pas sur qu'un seul d'entre ceux qui liront ce flot d'insanités ait jamais entendu la chanson Carouselambra, je suis à peu près persuadé qu'aucun de vous ne sait qui en est l'auteur ou l'interprète ou n'importe quoi de manière générale. Moi, j'en pense que c'est nettement meilleur que tout ce que j'ai jamais entendu à la radio, mais bon...
Cessons de plaindre la face du monde, c'est un peu facile.
Reprenons donc nos jolies histoires. Il était une fois un petit garçon qui avait la malheur d'avoir l'oreille absolue et un sens de la musique très très développé. Le pauvre petit garçon était très affecté par ce handicap, qui avait des conséquences parfois dramatiques ; ainsi, un jour, ayant entendu une chanson de Sinsemilia à la radio, il dut être hospitalisé pendant plusieurs semaines, ses oreilles ayant lancé le processus d'autodestruction totale dès le premier accord du morceau. Mais le petit garçon était courageux et voulait accomplir de grandes choses.
Il faut ici préciser que lors de la naissance du petit garçon, une fée avec une énorme banane et un costume tout blanc passablement ridicule, s'était penchée sur l'étui à guitare où dormait le nourrisson, et lui avait murmuré, de sa belle voix de chanteur blanc à la voix de noir : "My son, ask for thyself another kingdom, for that which I leave is too small for thee", ce qui signifie en langage des fées : "Tu retrouveras les partitions perdues d'Antonio Vivaldi, même si pour cela tu dois affronter des quêtes qui semblent perdues d'avance, comme apprendre à Matthew Bellamy à chanter juste, ou apprendre à un groupe français à écrire des paroles qui ne soient pas totalement niaises." Ainsi parla Elvis.
Douze ans plus tard, le petit garçon marqué par le destin, armé de talent et de boules Quiès au cas où il croiserait Mika, s'avançait dans les coulisses du studio d'Abbey Road, ré-ouvert pour un enregistrement exceptionnel, celui du plus grand groupe de tous les temps, formé depuis à peine trois ans.
En six mois d'existence médiatique, ce groupe avait révolutionné l'industrie du disque et la culture musicale à travers le monde. Une tournée internationale était prévue pour les quarante prochaines années, et tout était déjà complet.
Une seule chose pouvait expliquer tout cela, et le petit garçon devait en avoir le coeur net ; ce groupe avait en sa possession les partitions perdues d'Antonio Vivaldi. S'apprêtant à entrer dans le studio où enregistraient les musiciens, il remarqua un objet brillant derrière un rideau. S'en saisissant, il fut comme hypnotisé ; il suffisait qu'il touche l'objet pour que dans sa tête, résonne une mélodie qui lui insufflait le pouvoir de l''émotion de Stairway to heaven, le talent d'écrire les quatre saisons de Vivaldi, et la maîtrise de jouer les plus difficiles caprices de Paganini. Regardant le récipient argenté qu'il tenait à la main avec plus d'attention, il découvrit avec stupeur l'inscription qui l'ornait : "Graal version alpha 2.5 / Handle with care / copyright for the end of times, God corporation industries".
Et c'est ainsi que le petit garçon comprit d'où venait le pouvoir divin qui habitait les membres de No Comment.
Il écrivit des chansons pour eux pendant longtemps. Il se maria avec une chanteuse dont il eut beaucoup d'enfants mélomanes -- excepté un, qui naquit avec une malformation, et qui à 5 ans faisait encore des erreurs en jouant le répertoire pourtant limité de Joe Satriani.
Notre héros mourut pourtant à l'âge de quatre-vingt deux ans, tragiquement assassiné par un fan jaloux, qui lui envoya un CD d'Olivia Ruiz déguisé en CD d'inédits de Led Zeppelin. Il était pourtant devenu pratiquement sourd, et n'aurait même plus distingué un standard de Nina Simone de son massacre à la hache éxécuté par Muse, mais dès que la voix de la chanteuse retentit dans son haut-parleur, le coeur du vieil homme lâcha, tué par un son aussi improbable, qu'il n'aurait jamais cru possible.
Le groupe No Comment donna son dernier concert après 70 ans de tournée. Le concert, retransmis à la télévision, fut suivi par six milliards de gens dans la monde. Trois cent millions de personnes étaient présentes dans la salle, qui avait été construite spécialement pour le groupe et faisait la superficie de la Corse.
Après ce dernier concert, des témoins racontent que tous les membres du groupe s'élevèrent vers le ciel dans une grande lumière blanche. Ils retournaient là d'où ils venaient, après leur mission sur Terre.
Bon je vais peut être arrêter ici ce récit où commence à perler l'insanité, et je vous souhaite à tous de ne jamais avoir à écouter la version de Feeling Good commise par Muse.

